Incontestablement l’un des films d’horreur les plus influents jamais réalisés, « Rosemary’s Baby » de Roman Polanski a changé les genres et nombreux sont ceux qui ont tenté sans succès de reproduire son succès. Non seulement il y a eu un remake et une suite pour la télévision (avec Zoe Saldaña ), mais l’essence du film est préservée dans les versions projetées chaque année dans divers cinémas et festivals dans le monde. Ainsi, Apartment 7A de Natalie Erika James jette une ombre énorme, nettement plus grande que celle du superbe La malédiction: L’origine de cette année, un autre film qui se termine là où un blockbuster d’horreur commence. Mais contrairement à ce film qui s’est détaché de La malédiction pour découvrir sa propre identité audacieuse Apartment 7A semble trop effrayé pour s’écarter de l’original défendant son existence principalement grâce au formidable talent de Julia Garner mais n’offrant pas grand-chose d’autre qui en vaille la peine.
Le gagnant d’un Emmy pour Ozark joue le rôle de Terry Gionoffrio, un personnage que les spectateurs du film de Polanski reconnaîtront dès le début de l’histoire de Rosemary. Rosemary rencontre Terry dans le sinistre sous-sol de Bramford et peu après, elle trouve son cadavre ensanglanté sur le trottoir. James imagine les dernières semaines de ce personnage secondaire de Rosemary’s Baby retraçant l’histoire de la femme que les puissances maléfiques de la ville de New York ont tenté de transformer en mère de l’antéchrist avant Rosemary.
Après un terrible accident sur scène en 1965, Terry, une danseuse, devient méfiante et incertaine de son avenir. L’une des meilleures scènes du film est celle où elle se présente à une audition ; le dramaturge lui fait exécuter la manœuvre qui l’a blessée à plusieurs reprises bien qu’elle lui fasse de plus en plus mal. Jim Sturgess, le producteur du spectacle est attiré par cette jeune femme courageuse peut-être parce qu’il peut constater à quel point elle peut supporter les violences physiques. En réalité, elle fait un essai pour un tout autre travail. Bien sûr, c’est parce qu’il est le génie derrière le fameux plan décrit à la fois dans le film de Polanski et dans le livre d’Ira Levin : féconder une femme pour provoquer la fin du monde.
Terry s’effondre après être arrivé à son immeuble, et Kevin McNally et Dianne Wiest qui interprètent les Castevet, la recueille. Cette dernière incarne Roman de manière plus discrète, mais Wiest, lauréate d’un Oscar, se donne à fond dans le rôle de Minnie essayant manifestement d’imiter Ruth Gordon mais sans succès. Bien qu’il soit juste d’honorer une performance récompensée par un Oscar, Wiest apparaît comme une caricature de New-Yorkaise trop dramatique alors que le ton de Gordon semblait authentique. À plusieurs reprises, j’ai pensé à la mère de George Costanza.
Naturellement, tout le monde sait que Terry est la victime la plus récente de l’implication secrète des gentils Castevet dans une secte à Bramford. Le fait que nous connaissions déjà le destin de Terry, malgré la manipulation ludique du canon de sa source par Apartment 7A assombrit l’ensemble de la procédure. Garner s’efforce d’émerger de ce nuage mais ses efforts sont entravés par une production qui ignore des aspects cruciaux de l’original en particulier le lieu. Il suffit de regarder la séquence d’ouverture de Rosemary’s Baby pour voir comment Polanski a utilisé ce lieu bien connu d’une manière à la fois familière et inquiétante. Dans ce cas, la conception de la production manque d’individualité.
En outre, Apartment 7A manque de profondeur thématique, omettant l’aspect du mariage de Rosemary qui figurait dans l’original et apportant peu d’éléments pour le remplacer. S’agit-il de l’histoire d’une artiste excessive ? Il aurait tout aussi bien pu s’agir d’une étude sur l’obsession Black Swan rencontre Rosemary’s Baby. Bien que l’identité de Terry en tant que danseuse semble n’exister que pour fournir à Apartment 7A un cadre narratif et non pour une exploration thématique fascinante, j’irais quand même voir ce film.
En dépit d’une réalisation médiocre, Julia Garner parvient à accomplir beaucoup avec moins de moyens. Elle prend constamment des décisions astucieuses concernant son langage corporel et ses paroles maintenant sa présence captivante tout au long du film avec en point d’orgue son incroyable scène de retour. L’idée qu’un film sur une artiste qui est presque tuée et réduite à n’être plus que son corps ne soit finalement rien d’autre que la vitrine d’une performance semble un peu ironique.
Il fut un temps où nous étions une véritable civilisation. Clue, Battleship et Ouija sont des exemples de produits professionnels qui constituaient la base de films inspirés de jeux. Aujourd’hui, nous en sommes réduits à des jeux de fête basiques auxquels on peut jouer avec une bouteille vide de Fanta orange de deux litres car il semble que les producteurs ne puissent plus se permettre de payer les droits de licence à Hasbro dans le climat économique actuel. Il se trouve qu’une bouteille vide de deux litres de soda bon marché est une métaphore parfaite pour « Spin the Bottle ».
Apparemment, dans cette même économie, les cinéastes peuvent se permettre d’offrir à un snoozer surnaturel conventionnel, un sous-genre qui n’a aucune raison de durer plus de 90 minutes et encore moins plus de deux heures, un long métrage de 124 minutes. Il s’agit d’un film d’horreur moyen et non d’un biopic historique dont l’intrigue complexe exige une longue durée qui ne convient pas du tout à une sortie commerciale ou à un court film d’horreur.
En supprimant simplement les plans de coupe des voitures qui roulent à chaque changement de scène, « Spin the Bottle » pourrait probablement réduire sa durée de quinze minutes. L’histoire se déroule dans la région réputée plate du sud-est du Texas ce qui rend d’autant plus étrange la fascination des plans d’ensemble pour les vastes panoramas des collines du sud de la Californie. Voici une suggestion : si vous envisagez de filmer Simi Valley pour le Lone Star State, évitez peut-être de mettre en valeur une géographie qui n’est pas indigène à la région. Sinon, comme l’endroit n’a aucune importance vous pourriez simplement tourner le film en Californie ou n’importe où ailleurs.
Le fait que Cole, le personnage principal et joueur de football au lycée à la personnalité de carton mouillé doive se rendre à Houston pour voir sa mère Maura atteinte d’une maladie mentale avant de s’installer dans leur maison de Jennings est tout aussi insignifiant. Un mystérieux massacre y a eu lieu en 1978 à la suite d’une partie maudite du jeu de la bouteille. Depuis la baraque prétendument hanté est resté déserte. Une fois que Cole a rassemblé une équipe hétéroclite d’adolescents qui ont involontairement libéré un monstre en bouteille lié à la terrifiante histoire familiale de Cole pour quelques baisers bâclés qui aboutissent à un film bâclé dont un deuxième jeu de baisers maudits est manifestement en préparation.
Qu’un film soit aussi long et ne contienne presque rien devrait être un crime passible de torture de préférence à un niveau d’angoisse comparable à celui que l’on fait subir aux spectateurs qui s’ennuient. On pourrait s’attendre à ce que les cadavres s’empilent les uns après les autres dans ce scénario mais un seul des sept copains qui jouent aux jeux du présent meurt au cours des 75 premières minutes sans compter le prologue en flash-back. Oui, vous avez bien lu. 75 minutes. Alors que « Spin the Bottle » est toujours à la recherche d’une deuxième personne à mourir, Blumhouse est prêt à dérouler le générique de fin lorsqu’il lance l’un de ces films d’épouvante en ligne de dominos dans lequel un esprit vengeur tue lentement des adolescents.
Presque tout le monde est horriblement mal choisi, du bas de l’échelle jusqu’au sommet où siègent les trois acteurs les plus célèbres. Ce n’est pas vraiment la faute de l’acteur si quelqu’un l’a choisi pour le rôle ; je me suis demandé comment exprimer cela sans l’offenser. Peut-être qu’un quarterback dont le type de corps lui permettrait de faire un push-up complet sans vous savez quoi, je supprime le reste de ce commentaire cynique qui devrait être une star si un portrait l’exigeait. Vous voyez l’idée. Une fois de plus, je m’excuse auprès de l’acteur mais ce type devrait incarner un clown de classe turbulent qui fait des blagues et boit de la bière et non pas un canon à culotte tombante sur lequel les pom-pom girls se pâment.
Horreur News
Dans le film d’horreur humoristique Un week-end en enfer réalisé par Craig Johnson (Wilson, Alex Strangelove) à partir d’un scénario de Kent Sublette (Saturday Night Live), la visite d’un couple chez ses parents prend une tournure effrayante. Bien qu’il n’y ait pas beaucoup de vraies frayeurs dans ce film ; il a un ensemble charmant dont les capacités comiques élèvent le film juste un peu au-dessus de la bouillie typique du streamer habituel.
Le charmant couple formé par Josh (Brandon Flynn, 13 Reasons Why et Manhunt) et Rohan (Nik Dodani, Atypical et Twisters) est impatient de rencontrer leurs familles respectives. Ils échangent des conseils sur la façon de faire la meilleure impression possible tout en conduisant vers une superbe propriété de campagne qu’ils ont louée pour la modique somme de 350 dollars par nuit. Rohan s’efforce surtout de préparer son partenaire à affronter ses parents sévères et critiques. Josh, musicien en herbe et ancien employé n’est pas inquiet. Il affirme que ses parents l’adorent parce qu’il est le plus décontracté.
Les parents adoptifs de Rohan, Frank (Brian Cox) et Sharon (Edie Falco) ne partagent pas ce point de vue. Contrairement aux parents détendus de Josh, Liddy (Lisa Kudrow) et Cliff (Dean Norris), ils sont durs et ne voient pas d’humour dans les blagues de Josh. Une tension désagréable entache l’ambiance lorsque les six adultes finissent par se rencontrer.
La maison est également hantée ce qui rend le sommeil difficile à cause des grincements et des cliquetis. La propriété était occupée par une famille ordinaire des décennies avant que Rohan et Josh ne la louent à Brenda (Parker Posey), une femme étrange au regard vide et au fard à paupières chartreuse. Un flashback en 1983 ouvre le film et on y voit une mère (Kate Avallone) regardant le dernier épisode de M*A*S*H, une fille (Chloe Sciore) fumant dans sa chambre et un fils (Keith R. Beck) essayant de les empêcher tous les deux d’être là. Johnson présente les premières frayeurs avec un humour de circonstance. Un instant, la mère est en train de préparer le dîner et l’instant d’après, une créature démoniaque lui attrape la cheville et l’entraîne dans la cave. Elle s’en prend ensuite aux enfants et très vite, toute la famille disparaît.
La maison a été abandonnée après un incendie, selon Brenda qui a une énergie étrange et une propension à perdre le fil de ses pensées. Lorsqu’elle fait cette révélation inattendue à Rohan et Josh, sa présence les met immédiatement mal à l’aise. Lorsque Brenda leur offre un panier de bienvenue contenant des friandises comme du vin, des bâtonnets de porc et une poupée effrayante gratuite, le couple est soulagé et s’apprete a psser le week-end tranquillou .
Johnson nous permet de passer du temps avec la famille avant de plonger dans les rencontres surnaturelles. Les parties les plus drôles du film sont sans aucun doute les premières séquences qui décrivent les relations entre Josh, Rohan et leurs parents. Bien que l’on ne s’en aperçoive pas, l’humour de ces séquences est presque une blague de papa. De plus, il est divertissant de voir Cox, Falco, Kudrow et Norris se compléter si efficacement. La maladresse de deux familles qui ne s’aiment probablement pas beaucoup et qui se rencontrent pour la première fois est bien rendue. Même lorsqu’ils tentent d’établir avec assurance leur avenir sans leurs parents, Dodani et Flynn parviennent à tenir leur rôle d’enfants nerveux qui aspirent à être acceptés par eux.
Le Wi-Fi, qui s’avère être une malédiction latine est la source de l’activité paranormale dans un épisode récurrent ridicule. Un soir, après que Frank ait lu le mot de passe à haute voix, le comte Orlok lui jette un sort. Ce critique ne voit pas pourquoi quelqu’un ferait cela. Il devient possédé ce qui déclenche une série d’événements inquiétants.
Alors que le père de Rohan succombe à la volonté du démon, Josh s’efforce de découvrir une facette de son partenaire qu’il n’a jamais vue auparavant. Il envoie à leur amie commune Sara (Vivian Bang) une série de messages désespérés qui l’incitent à rejoindre la famille dans le nord de l’État. The Parenting traite du genre d’horreur qui vous fera plus rire que hurler. L’histoire derrière les hantises est mince et n’est pas très satisfaisante si l’on s’applique à l’analyser. Les jump scares et autres trucs habituels du genre sont rares, et Johnson n’est pas vraiment intéressé par le gore. Les effusions de sang sont presque toujours au service d’une blague. Le fait que vous soyez d’accord ou non dépendra de votre goût pour les rires rapides plutôt que pour la terreur durable.
Horreur News
C’est Philippe de Broca qui est derrière la caméra mais il a quand même raté son film ! Dommage car cette rencontre improbable de trois personnages dépareillés était un bon sujet et une belle histoire d’amour et d’amitié. Mais de Broca n’arrive pas à trouver le bon ton entre comédie et drame ni à définir le bon rythme. C’est poussif, presque ennuyeux, bien loin de l’Homme de Rio, et on s’amuse bien peu malgré la bonne prestations de nos trois fuyards, Marlène Jobert étant toujours aussi craquante dans son rôle de naïve plleine de ressources.
Au départ simple travail pédagogique d'étudiants chiliens sous la direction de Joris Ivens, ce film est devenu une œuvre cinématographique remarquable et une magnifique analyse militante du "Phénomène Urbain" comme du tissu social...
Ce portrait plein de poésie d'une Polis au lyrisme flamboyant, à la photographie noir&blanc magistrale (G. Strouvé), est parfois d'une candeur désarmante, par excès de jeunesse ou parti-pris de réalisation?
A voir, et à mesurer à l'aune de la distance parcourue jusqu'à nos jours par les émotions de Joris Ivens et Chris Marker...
Bref, un chef-d'oeuvre!
[G.R.K.]20²
**Les Galettes de Pont-Aven** (1975)
**SYNOPSIS**
Henri Serin (Jean-Pierre Marielle), un représentant en parapluie, mène une vie tranquille entre son travail, sa famille et sa peinture qui le passionne plus que tout. Henri s'octroie, durant ses nombreux déplacements professionnels, quelques frasques amoureuses qui le changent du quotidien lassant dans lequel sa bigotte de femme l'enferme. Un beau jour, Henri décide de tout laisser tomber pour vivre d'amour et d'eau fraîche. Il échoue à Pont-Aven et fait la connaissance d'Émile, un peintre local imitant Gauguin, et avec lequel il partage ses beuveries et autres attraits féminins...
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Il n’est pas si simple de placer Joël Séria dans l’histoire du cinéma français de la deuxième moitié du vingtième siècle, à tel point que pour une grande partie des exégètes, il ne semble même pas nécessaire de chercher à le faire : la faiblesse des ressources biographiques ou analytiques à son sujet est assez éloquente du dédain dont le cinéaste fait encore aujourd’hui institutionnellement l’objet, quand bien même une (très) brève rétrospective à la Cinémathèque de Paris lui aura été consacrée au début de l’été 2018. Pour autant, certains de ses films, _Les Galettes de Pont-Aven_ en premier lieu, ont passé l’épreuve du temps, avec des images ou des répliques entrées dans l’imaginaire collectif, et un panel de laudateurs qui se réclament en partie de son héritage.
Alors, que faire de Joël Séria ? Lui faire partager la cellule d’indignité d’un Michel Lang, après tout lui aussi auteur de « comédies provinciales polissonnes » dans les années 70 (avec d’ailleurs bien plus de succès public) ? Ou œuvrer à sa réhabilitation en en faisant l’un des fers de lance d’un mouvement libertaire post-soixante-huitard, grivois et inspiré, aux côtés d’un Bertrand Blier ou d’un Pascal Thomas (dans des registres assez différents) ? Comme souvent, il convient d’adopter une position intermédiaire, en observant toutes choses égales par ailleurs sa filmographie pour ce qu’elle est : avant de rencontrer des grandes difficultés de production qui nuiront considérablement à sa carrière, Joël Séria a débuté sa carrière avec, de 1970 avec _Mais ne nous délivrez pas du mal_) à 1977 avec _…Comme la lune_ un corpus extrêmement cohérent de cinq films qui ne ressemblent guère à quoi que ce soit d’autre qu’à eux-mêmes, et qui suffisent à pouvoir le considérer comme l’ « auteur » d’une œuvre cinématographique singulière. Mais compte tenu de la brièveté du dit corpus, de l’absence notable de suite (malgré des travaux honorables pour la télévision) et de la nature intrinsèque des films en question (disons-le ainsi malgré toute l’estime qu’il convient de porter à chacun de ces films : en termes d’esthétique ou de "pensée" cinématographiques, Séria n’est pas Blier), il semble difficile d’accorder quoi que ce soit d’autre à Joël Séria qu’un statut de marqueur, fort, de son époque. Il y a eu, durant les années 70, un passionnant « instant Séria ». Et c’est déjà considérable.
Cet « instant Séria » est, par essence, fortement contextuel : les années 70, bien au-delà de la question cinématographique, sont marquées par un mouvement de libération des mœurs qui rend l’approche de bien des questions sociales beaucoup plus crue, mouvement dont Les Valseuses (1974) reste l’un des plus flagrants symptômes. Sémillant trentenaire anar aimant la bagatelle et la provocation, Joël Séria est alors le fruit de son temps, se plaisant à revendiquer le goût du verbe haut et du galbe rond. En ce sens, _Les Galettes de Pont-Aven_ est particulièrement prodigue en aphorismes paillards, depuis le « _T’es moche mais je vais te fourrer !_ » (adressé à une danseuse nue par l’ordure haute en couleurs incarnée par Bernard Fresson) jusqu’au « _Tu sens la pisse, toi, pas l’eau bénite_ », forme insolite de compliment adressé par monsieur Henri à son amante pour la comparer positivement à sa femme trop bigote… Sans oublier ce mémorable « _Oh nom de Dieu d'bordel de merde_ » qu'il est difficile de lire sans entendre la voix de Jean-Pierre Marielle.
S’il faut insister sur l’inscription très spécifique de _Les Galettes de Pont-Aven_ dans sa décennie de production, ce n’est pas tant pour alimenter la vieille antienne du « _C’était mieux avant !_ » ou du « _On ne pourrait plus faire ce genre de films aujourd’hui_ » (ce qui est vrai) que pour éviter, dans un élan symétriquement absurde, les relectures du film à l’aune de préoccupations morales essentiellement contemporaines. Oui, on ne s’exprime plus nécessairement de la même manière aujourd’hui (Hélas), oui les rapports hommes-femmes ont (d')évolué, et puis tiens, les modèles de voitures ne sont plus les mêmes, mais, tout bien considéré, quelles clés d’appréciation cela fournit-il sinon celles de nos présupposés ? En l’occurrence, limiter _Les Galettes de Pont-Aven_ aux tirades salaces d’un quadragénaire s’extasiant sur les culs de femmes beaucoup plus jeunes que lui induit une lecture partielle et passablement incorrecte de ce que l’œuvre raconte, en particulier sur la question des rapports hommes-femmes.
_Les Galettes de Pont-Aven_ est aussi souvent présenté comme une comédie, et l’assez solide ancrage de sa réputation « de film classique » repose sur ce malentendu. Il y a dans le film d’assez régulières raisons de sourire, ce n’est pas le problème, mais le film raconte surtout l’histoire d’un homme en crise, qui fuit l’aliénation de sa cellule familiale pour aller d’échecs en échecs et s’effondre dans une déchéance alcoolique. Le film s’achève sur une note optimiste, sur l’idée vivifiante d’une « renaissance » (sous forme de bandaison), mais qui a bien regardé le film remarque nécessairement un écho entre la jovialité de monsieur Henri lors des dernières séquences et la joie profonde qui l’habitait, quelques dizaines de minutes plus tôt, lors de sa fuite avec Angela, c’est-à-dire avant qu’il ne sombre. Ce que le film décrit, c’est donc un dépressif en sursis, qui demeure toujours à la lisière de rebasculer. Le film montre surtout la manière dont cet homme en crise a construit son existence sur la projection qu’il opère sur les femmes, indépendamment de ce qu’elles sont réellement : il les fantasme, les commente abondamment, les place dans une forme de « sur-réalité » idéalisée qui ne fait qu’alimenter son mal-être profond. Notons d’ailleurs que de canadiennes en bretonnes, de jeunes en vieilles, de filles probes en filles de joie, d’ingénues en perverses, le film offre un panel suffisamment large de profils pour que nous puissions difficilement l’accuser d’établir une quelconque « taxonomie de la féminité », si ce n’est à travers une aspiration à la liberté, à l’affranchissement, qui mérite d’être soulignée.
À ce sujet, rappelons que monsieur Henri se rêve en peintre, c’est-à-dire dans le rôle non pas de celui qui éprouve la réalité mais de celui qui la figure, la représente conformément à son regard. Son épopée pontaveniste fait ainsi écho à celle d’autres peintres ayant écumé la cité bretonne, en premier lieu desquels Paul Gauguin, dont il est bien mentionné dans le film que lui aussi avait une forme d’obsession pour la gente féminine… Monsieur Henri est ainsi un obsédé, mais il faut impérativement, en l’occurrence, débarrasser le terme de sa connotation morale pour l’envisager de façon précise : il court, de façon illusoire, derrière une obsession, qui est celle de toucher à la perfection esthétique telle qu’il la perçoit dans le corps féminin « _Je vais peindre tes yeux, ta bouche, ton front, ton corps, tes cuisses, ton cul… Ah oui, ton cul surtout !_ ». En ce sens, il y a un cousinage positif à établir, dans l’absurdité de sa tragicomédie, avec certaines figures du cinéma italien de la même époque, par exemple le Capitaine Consolo, incarné deux ans plus tôt par Vittorio Gassman dans « _Parfum de femme_ (_Profumo di donna_) » (1974) de Dino Risi.
Et comme Vittorio Gassman aura incarné pendant les plus belles années de la comédie italienne un archétype satirique du mâle italien, _Les Galettes de Pont-Aven_ marque l’apogée de la figuration du bonhomme franchouillard tel que Jean-Pierre Marielle le sublimera dans la deuxième moitié des années 70, de « _Calmos_ (1976) » à « _Un moment d’égarement_ (1977) », de « _Dupont Lajoie_ (1975) » à « _On aura tout vu_ (1976) ». Avec sa voix chaude et sa faconde inimitable, son torse poilu et son œil malicieux, il compose un personnage à la tendresse rustaude plus nuancée qu’il n’y paraît, dissimulant une fragilité presque enfantine derrière son arrogance virile de façade. Sa force, indiscutablement, est de parvenir à maintenir le personnage au premier degré, dans sa grossièreté comme dans sa sincérité, sans y ajouter une once de commentaire ironique : si la scène du duo sur Kenavo fonctionne si bien, c’est que la drôlerie folklorique et l’émotion pure y cohabitent de façon équilibrée, sans que l’une ne prenne le dessus de l’autre.
Il faut, à ce titre, envisager l’apport majeur de Jean-Pierre Marielle à cet « instant Séria » dont nous parlions précédemment : dans les trois films dans lesquels il apparaît « _Charlie et ses deux nénettes_ (1973) » ; « _Les Galettes de Pont-Aven_ (1975) » ; « _…Comme la lune_ (1976) », il dépasse l’archétype scénaristique du beauf de province pour lui conférer les heures de gloire vacillantes de quelque chose qui tiendrait d’un glorieux et vain crépuscule. Car, en somme, le grand sujet des cinq films de Joël Séria qui sont évoqués ici, sujet très fortement contextuel lui aussi, c’est la description (peut-être en partie non consciente d’ailleurs) du vacillement du modèle séculaire du mâle français, ébranlé par le bouleversement des mœurs qui s’opère alors à travers, notamment, le changement de statut de la femme. Ce vacillement peut être brutal (les hommes tués par les deux héroïnes de « _Mais ne nous délivrez pas du mal_ (1970) ») ou d’une grande douceur (la relation d’une bienveillance inouïe qu’entretiennent « _Charlie et ses deux nénettes_ (1973) », son film le plus paisible), il peut s’opérer dans l’aveuglement (la fin de « _…Comme la lune_ (1976) ») ou la perversion (le personnage d’André Dussolier dans « _Marie-Poupée_ (1976) »), mais il mène toujours au constat que les femmes n’ont pas nécessairement besoin des hommes pour être elles-mêmes (ce qui les rend plus fortes que les hommes, qui demeurent eux toujours dépendants).
Pour appuyer encore un peu sur la sensibilité féminine à l’œuvre dans les films de Joël Séria, et pour revenir un instant à la métaphore picturale, il semble ainsi qu’il faille envisager le travail du cinéaste comme celui d’un impressionniste : chaque touche en elle-même (telle saillie grossière, tel plan un peu cru…) importe moins que le tableau d’ensemble, voire même que les variations opérées d’une œuvre à l’autre. Ses cinq films des années 70 tiennent ainsi de la série (au sens pictural), et sa cathédrale de Rouen a dès lors des airs de muse : rencontrée dans la préparation de « _Mais ne nous délivrez pas du mal_ (1970) », Jeanne Krier (« Goupil » pour le cinéma) deviendra très vite la compagne du réalisateur, tenant un des rôles principaux dans ses quatre premiers longs-métrages. Dans _Les Galettes de Pont-Aven_, elle n’apparait que très tard dans le rôle décisif de « Marie », mais elle irradie de son charme juvénile, innocent et futé à la fois. Surtout, c’est à sa main que sera confiée la confection des œuvres de monsieur Henri, ces tableaux naïfs et colorés qui confèrent au film leur gaité mélancolique, et qui font d’elle, en partie, une deuxième autrice du film.
Finissons avec un dernier point qui tient, lui aussi, au parcours personnel de Joël Séria et renforce l’idée que le cinéaste a, durant ces cinq films, tiré sa corde d’auteur : Joël Séria a, durant ses jeunes années angevines, subi une éducation religieuse assez stricte, de laquelle il a tiré en réaction une partie de son esprit libertaire et provocateur. Là aussi dans un esprit très spécifique à leur époque de production, ses films n’hésitent jamais à railler la morale catholique et l’hypocrisie petite-bourgeoise qui lui est associée, illustrés dans le cas spécifique de _Les Galettes de Pont-Aven_ par le frère et la sœur incarnés dans le film par l’inénarrable Claude Piéplu (en colporteur volubile) et Martine Ferrière (plus taiseuse mais non moins inquiétante). Mais là encore, il trouve son propre ton, qui est bien moins chargé en vitriol que celui d’un Claude Chabrol, autre observateur notoire, dans les années 70, des notables des bords de Loire.
Voilà ainsi, là encore par petites touches, la place que nous pourrions finir par accorder à Joël Séria dans l’histoire du cinéma français des années 70 : celle d’un observateur souriant, sans méchanceté mais à l’esprit volontiers insolent, et qui sera parvenu, au gré de quelques films très aimables, à définir son art à lui, bien plus délicat qu’il n’y paraîtrait à premier abord. Celui, empreint de truculence et de mélancolie, d’une véritable poétique de la vulgarité.
Par **Antoine Royer**, le 26 janvier 2023.
L'exploit authentique d'Andrée Dupeyron, qui battit, en 1938, le record féminin de vol en ligne droite. Grémillon nous fait avec son humanité et son talent habituels un beau portarit d’un couple simple et courageux et surtout celui d’une féministe avant l’heure, femme de cœur, femme d’action, épouse et mère. Du temps de Vichy et du pétainisme, le portrait à beaucoup plu même si Grémillon était plutôt tendance PC (en secret).
Mise en scène exempleire, direction des acteurs remarquable, acteurs légendaires au demeurant, Madeleine Renaud et Charles Vanel en l’occurence.
Un vieux film très bien restauré qui mérite d’être (re)découvert.
Le film est bon pour sa réalisation et pour ses comédiens. Mais qu'est ce qu'on se fait chier. Ma vie est plus excitante que les protagonistes.
Biopic assez réussi sur Pierre Bonnard et son épouse, leur couple indéfectible malgré le sentimentalisme débridé de l’artiste. Le couple est parfait, Cécile de France illuminant particulièrement le film avec son jeu fin et en demii-teintes. C’est bien fait, solidement réalisé, mélo juste ce qu’il faut mais l’amour, les sentiments prennent à mon goût trop le pas sur la création artistique. Martin Provost réussit un beau film, un mémorable portait de femme - il y excelle - mais un peu moins abouti que « Séraphine »… et je ne saurais dire pourquoi, peut-être parce la créativité du peintre me paraît bien tranquille, bien lisse, sans tourments d’artiste.
Fatiguée des reportages, articles, chroniques qui parlent du punk et qui glissent jamais aucun mot pour la nouvelle génération du punk. C'est chouette de faire des reportages sur les grands noms du bordel mais y'a pas qu'eux ??? Ceux d'aujourd'hui aussi disent des choses, et ils font toujours du punk ??? La communauté existe, le public aussi ??? Passez le micro à ceux dont c'est le moyen d'expression aujourd'hui... Vous êtes en train de faire ce que vous détestiez qu'on vous fasse quand vous aviez notre âge : donner la parole seulement aux anciens.
Excellent complément au documentaire "Vivant", très instructif et avec de belles images.
Un des premier rôle de Miou-Miou dans le registre dramatique, très bon film, à voir.
Le classique polar français des années 1970, pas mauvais, bien mené bien qu’un peu mollasson, mais au scénario bien ringard et aussi peu crédible qu’un discours gouvernemental. Reste le plaisir de voir de bons interprètes, disparus pour la plupart — et tout particulièrement l’adorable minois (et le reste) de Marlène Jobert, retirée bien trop tôt des écrans —, mais qui ont bien de la peine malgré leur grand talent à crédibiliser leur personnage.
Le pitch est génial, les personnages attachants et l'acting super naturel. Bref, super film.
Une petit téléfilm de médiocre facture qui n’a pour lui que la « bonne gueule » des interprètes qui se démènent pour compenser un jeu bien quelconque. La mise en scène est plate comme une crique lyonnaise, les dialogues plutôt amusants, Lyon plus agréable à voir que dans la réalité et le scénario, malgré bien des faiblesses et de la banalité, a le mérite d’avoir une chute surprenante. Ça se grignote sans ennui mais c’est tout de même bien fade pour de la cuisine lyonnaise. Un téléfilm qui n’aura pas d’étoile.
Un regard sur la vie et l'œuvre de l'acteur américain Charlton Heston (1923-2008) ; incarnation de nombreux héros mythiques, à la fois ardent défenseur du mouvement des droits civiques dans les années 60 et porte-parole de la National Rifle Association à la fin de sa vie. La carrière publique et personnelle extraordinaire et controversée de l'une des plus grandes personnalités du cinéma de tous les temps.
Ce n’est pas un grand cru de nos deux amuseurs intelligents. On se retrouve dans une comédie pataude, même si elle est souvent drôle. De grands sujets sociologiques du moment coexistent dans un méli-mélo caricatural complétement décousu, au milieu de saynètes que nos braves interprètes tentent d’étoffer, souvent en vain. Ça pourrait faire penser aux comédies italiennes de Risi ou Escola… mais sans le talent.On suit donc nos trois pieds-nickelés au cœur de la surconsommation, du surendettement, du réchauffement planétaire. Les militants écolos sont désespérants comme dans la réalité mais tout de même trop chargés et sans finesse.
Bref ça amuse (un peu) mais ce n’est vraiment une réussite du duo qui a fait beaucoup mieux.
Voici une jolie surprise, une comédie très drôle, très fine, bien menée de bout en bout. Le modèle pouvait nous faire craindre le pire, le modèle étant réputé assez antipathique et pas vraiment comique. Eh bien ce faux biopic, mêlant habilement réalité et fiction, est une merveille de drôlerie avec des portraits qui nous font aimer – au moins dans la fiction — cette Première dame fausse potiche et davantage mépriser – comme dans la réalité – cette vraie baderne présidentielle. L’admirable interprétation de Catherine Deneuve y est pour beaucoup comme la réjouissante caricature par Michel Vuillermoz, mais est-ce une caricature ? Pas un ralentissement, des dialogues savoureux et sonnant juste, des seconds rôles bien choisis, tout concoure à la réussite.
Bon film de divertissement, caricatural (les James Bond, Mission impossible ou Ocean’s Eleven sont bien moqués) et calibré Netflix comme il se doit, c'est-à-dire avec tonus, invraisemblance et action intégrées. Et donc ça fait un carton sans le mériter ! Mais plusieurs qualités le sauvent du film néoneuneu : un bon casting, un bon montage, des dialogues nerveux et surtout, surtout, une saine originalité. Non, surtout pas dans le scénario, mais dans le contre-pied féministe. Que des héroïnes totalement bi, dures à cuire et qui tiennent le rôle dédié aux « mecs » testostéronés et que des seconds rôles masculins qui font les faire-valoir. Ça change, ça rafraîchit le paysage conventionnel et ça fait plaisir… même aux « mecs ».
Un chef-d’œuvre qui laisse des traces car parfaitement réussi en tous points mais dérangeant et parfois même angoissant. Ce conte fantastique – une mystérieuse maladie frappe les humains en les transformant en « créatures » totalement inmaîtrisables – est palpitant. Sur cette trame admirablement montée et parsemée d’effets spéciaux incroyables, Thomas Cailley qui nous avait impressionnés dans une moindre mesure avec *Combattants* conçoit une histoire haletante, emplie d’humanité, qui aborde notre société décadente et peureuse, les libertés et l’autorité, les rapports parents-enfants, l’amour chez les jeunes,etc. Pas un ralentissement, pas de blabla, pas d’excès ni de moulinets, mais une grande justesse, une grande pudeur, une humanité infinie. Humanité portée par deux acteurs transcendés – Romain Duris et Paul Karcher – dans leurs relations père-fils. On est captivé et tendu pendant deux heures qui passent comme le vol d’une « créature » entre les arbres ! À voir et revoir.
Attention ! Chef-d’œuvre et histoire terrifiante, méconnue avant le livre du journaliste David Grann, histoire sur laquelle ont bondi Leonardo DiCaprio et Martin Scorsese, toujours vigilants à démontrer l’extraordinaire cupidité des Américains et rappeler sur quelles horreurs ils ont installé leur nation en pratiquant sans le dire le génocides des Amérindiens. Comme l’a dit Scorsese : « Mon film met en lumière des événements qui donnent peu foi en la
nature humaine ». Les Osages, tribu indienne parquée en Oklahoma, eurent la « chance » de devenir soudainement milliardaires par la découverte du pétrole sous leur maigre sol de déracinés, eux nomades qui ignoraient culturellement la propriété privée. C’était intolérable pour les Blancs, qui les assassinèrent ou les empoisonnèrent en toute impunité malgré une timide et brève enquête du FBI naissant ! Ainsi, à 80 ans, Martin Scorsese réalise un film fleuve de 3 heures et quart qui passe comme une plume (!) malgré quelques lenteurs délibérées ! Grâce à un montage exemplaire, aux ellipses souvent brutales, des images et des décors époustouflants, une interprétation éblouissante : Leonardo DiCaprio, parfait idiot utile de plus lâche et aveugle, Robert de Niro, « gentil » Blanc, monstrueux salopard en réalité, Lily Gladstone, une révélation ! Un film salutaire et inoubliable.
Film de débutante mais réussi malgré quelques maladresses scénaristiques Mais un film touchant, attachant par ses personnages enfantins remarquablement joués par deux débutantes lumineuses. Lumineuses comme les paysages de Lozère très bien mis en scène. La réalisatrice nous promène à hauteur d’enfant, avec la légèreté et la gravité propres à cet âge, entre familles néo-rurales avant l’heure (on les appelait alors les babacools), la débandade du terrorisme d’extrême-gauche des années 70 (bande à Baader ou Brigades rouges) et le libertarisme. On se laisse emporter par la douceur ambiante et le naturel des gamines et on croit à ce récit plein d’humanité.
Téléfilm qui vous laisse dubitatif. Une histoire loufoque et grinçante, qui voudrait ressembler à Buffet froid de Bertrand Blier, mais vraiment pas au niveau. Un scénario mal foutu, incohérent, un rythme inégal, des acteurs qui roupillent sans motivation aucune. Besoin d'un cachet pour payer le gaz ? Cela dit, l'atmosphère irréaliste créée par tous ces braques (sans jeu de mots) et le charme étrange d'Emmanuelle Devos en font un moment agréable et divertissant. Pour changer des séries B habituelles.
“The Heretic” réalisé par Scott Beck et Bryan Woods est un film qui s’inscrit dans le registre de l’horreur psychologique et du surnaturel. Il mêle des thèmes religieux, une tension palpable et une réflexion sur la foi, le doute, et la quête de rédemption. Le titre fait écho au concept d’hérésie à savoir une opposition aux dogmes établis ce qui place le spectateur dans une posture de remise en question constante des croyances véhiculées par le récit. Avec une approche visuelle soignée et une ambition narrative, ce film aspire à offrir une expérience à la fois troublante et introspective. Cependant, le résultat divise souvent son audience.
Le scénario du film repose sur un mélange de mystère et d’exploration psychologique, qui s’entrelace avec des éléments surnaturels. L’intrigue tourne autour de Deux jeunes missionnaires (Sophie Thatcher, Chloe East) face à un phénomène spirituel. Les dilemmes moraux et les questionnements existentiels occupent une place centrale mais le récit souffre parfois d’un rythme inégal.
Si les moments de tension et de révélation sont bien construits, certaines sous-intrigues manquent de clarté ou de développement, ce qui peut frustrer une partie du public. En revanche, le final, souvent énigmatique, laisse une impression durable, invitant à des interprétations multiples.
L’esthétique est l’un de ses points forts. La direction artistique joue sur une atmosphère oppressante avec des décors symboliques et une palette de couleurs qui passe subtilement de tons froids à des nuances plus saturées pour marquer les moments de crise ou de révélation. La caméra est utilisée de manière efficace avec des plans rapprochés qui capturent les émotions des personnages et des angles larges qui amplifient la solitude ou l’incompréhension face au surnaturel.
Cependant, certaines séquences s’étirent inutilement ce qui alourdit la progression. Un montage plus serré aurait permis d’éviter des longueurs qui nuisent à la tension dramatique.
Les performances des acteurs sont globalement solides. Le ou la protagoniste livre une prestation nuancée, oscillant entre vulnérabilité et détermination, ce qui permet au public de s’identifier à son parcours. Les rôles secondaires sont moins marquants, parfois unidimensionnels, mais ils servent efficacement l’intrigue principale. Mention spéciale pour Hugh Grant : l’interprétation dégage une menace subtile qui ajoute une profondeur supplémentaire.
Le film se démarque par ses thématiques ambitieuses :
– Foi et doute : La confrontation entre croyances personnelles et réalité tangible est un moteur central.
– Culpabilité et rédemption : Ces sentiments imprègnent les relations entre les personnages.
– Opposition au dogme : En explorant les limites des institutions religieuses, le film propose une critique sous-jacente des systèmes qui imposent une vérité absolue.
Malgré ces réflexions intéressantes, le traitement de certains thèmes reste superficiel ou trop symbolique, ce qui peut laisser les spectateurs avec un sentiment d’inachevé.
La bande sonore est minimaliste mais efficace. Elle utilise des silences pour intensifier les moments d’angoisse et intègre des sons discordants pour marquer les ruptures émotionnelles ou les apparitions surnaturelles. Bien que mémorable, la musique aurait pu être plus variée pour accompagner les nuances du récit.
Visuellement, le film flirte avec une iconographie religieuse et des images chargées de symbolisme ce qui renforce son identité unique. Cependant cet aspect peut sembler excessif pour les spectateurs moins sensibles à ce type de mise en scène.
Horreur News
« **Lou** » est un bon thriller d’action disposant d’une histoire basique, d’une intrigue suffisamment captivante et d’un développement original. Le rythme est dynamique, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est simple avec essentiellement des visuels en extérieur et en pleine nature. Les scènes d’action sont très bien chorégraphiées et réalistes. La bande musicale est sobre et le montage est cohérent. La distribution offre de bonnes prestations, toutefois dominée par la très bonne performance d’**Allison Janney**, qui démontre que même en ayant atteint la soixantaine, on peut incarner des personnages d’action, à l’instar d’un **Sylvester Stallone** ou d’un **Liam Neeson**. L’ensemble est divertissant et offre un agréable moment. À découvrir !
**Lire ma critique complète :** https://wp.me/p5woqV-b28
« **The Weekend Away** » est un bon thriller disposant d’une histoire simple, d’une intrigue captivante et d’un développement à rebondissement. Le rythme va de modéré à véloce, le récit est fluide et la narration fait appel à quelques flashbacks. La photographie est très agréable, la musique colle très bien au récit et le montage permet de maintenir une certaine dynamique. La distribution offre de bonnes prestations avec une **Leighton Meester** attachante et un **Ziad Bakri** qui se détache de certains clichés. L’ensemble est prenant et s’avère être une agréable surprise. Du coup, voilà un petit film que l’on peut recommander.
Á la fois thriller rural et western maraîcher, ce film est impressionnant par la maîtrise de Rodrigo Sorogoyen et le jeu des trois acteurs principaux, Denis Ménochet, Marina Foïs et Luis Zaheira. Sans déluges de violence à l’américaine, l’auteur insuffle une ambiance angoissante et malveillante incroyable. Belle illustration de la xénophobie actuelle et du drame des campagnes étouffant les laissés-pour-compte de toujours comme les néoruraux bosseurs et modernistes, tous incapables de se comprendre. Toute notre sympathie va à ce couple d’ailleurs, courageux et lumineux, mais force est d’écouter ces autochtones méchants et rustres. Magnifique leçon de cinéma mais aussi de courage de la part des vrais paysans, ceux oubliés par la PAC et la FNSEA. Marina Foïs confirme dans la sobriété son statut de grande dame du cinéma français.
Un excellent thriller qui navigue habilement entre réalité bien documentée et fiction intelligente. Un film qui a le mérite de ne jamais tomber dans le pathos en relatant un drame qui a ébranlé notre pays et le monde et où les attentats ne sont qu’évoqués à travers l’épisode extraordinaire d’une salle de crise endormie qui se réveille sous un déluge d’appels téléphoniques ou quelques couloirs d’hôpitaux dantesques. Il nous fait penser à un autre film admirable dans le même domaine, _Zero Dark Thirty_ qu’il mène avec la même réalisation, tendue et nerveuse, le même montage pêchu et des acteurs de grande classe et investis totalement dans leur rôle. Les états d’âme et les tensions de chacun sont parfaitement traités, l’émotion bien inévitable ne prenant jamais le pas sur l’action prioritaire. Cédric Jimenez a fait le choix pertinent de l’efficacité presque clinique et il réussit ainsi à nous immerger dans un film captivant bien qu’on en connaisse la fin. Après le piètre _La French_ mais le très réussi _Bac Nord_, il s’affirme ici comme un grand faiseur de thrillers, digne des meilleurs américains, maîtres du genre.
« **Interceptor** » est un bon film d’action disposant d’une histoire qui offre quelques singularités, d’une intrigue standard et d’un développement nerveux. Le rythme est soutenu, le récit est fluide et la narration fait appel à quelques flashback importants dans le rayonnement du personnage principal. Le scénario présenté par **Matthew Reilly** comporte quelques trous, mais sa mise en scène énergique permet de gommer plusieurs incohérences. La photographie est plaisante, la bande originale est sympathique et le montage offre une très bonne cinématique. La distribution offre de bonnes prestations dans l’ensemble, mais le focus est clairement fixé sur **Elsa Pataky**, qui n’est autre que l’épouse de **Chris Hemsworth**, producteur du métrage, et qui fait d’ailleurs une petite apparition dans le film. L’ensemble est pleinement divertissant et permet de passer une agréable soirée. À voir !